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mercredi 16 septembre 2015

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Vent en poupe

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Lorsque tout va bien, qu'il y a pas d'obstacle, que tout réussi on a coutume de dire qu'on a le vent en poupe, c'est une expression qui date probablement  de l'époque où les voiliers avaient des voiles carrées, aujourd'hui la réalité est toute différente.

Cet article pour expliquer à ceux qui ne connaissent pas, comment marche un voilier et les raisons pour lesquelles nous avons été directement aux Canaries, plutôt que de passer par Madère.

Avec des voiles carrées, portant sur les deux côtés du mat, le vent venant de l'arrière  souffle dans la voile et pousse le bateau ... quoi de plus simple! Les voiles  d'aujourd'hui sont triangulaires et portent d'un côté du mat, retenus par une bôme. Si le vent vient de bâbord, la bôme ira à tribord et inversement le vent venant de tribord poussera la bôme à bâbord. On dira que le bateau est tribord ou bâbord amure. Autrement dit, que sur une moitié du cercle la voile sera portée à gauche et sur l'autre moitié du cercle elle sera portée à droite. Se pose alors la question à quel moment la bôme change de côté ? et on comprend qu'elle le fera lorsqu'on a le vent de face (vent debout) ou venant de l'arrière.
Dès lors, avoir le vent arrière est une position d'équilibre instable, si on la dépasse, la bôme change soudain de côté. C'est ce qui s'appelle "empanner" et l'empannage, si il n'est pas volontaire (une minute d'inattention) envoie la bôme avec une extrême violence de l'autre côté, pouvant aller jusqu'à une déchirure de la voile ou pire un bris du mat. Autrement dit avoir le "vent en poupe" est loin d'être aussi confortable qu'on pourrait croire, surtout si on a de la houle ou des vagues qui font balancer le bateau d'un côté à l'autre. On évite le risque en utilisant une "retenue de bôme", qui est un cordage empêchant la bôme d'aller de l'autre côté.

Une autre manière d'éviter le problème est de ne pas faire de vent arrière, et de naviguer avec le vent venant au maximum à 150° (largue - grand largue). La route est certes plus longue, mais la vitesse étant supérieure à celle du vent arrière, on y gagne en temps de voyage et en confort de barre. Ce fut ma préoccupation durant cette traversée vers les Canaries.

Une façon de diviser les allures (c'est ainsi qu'on appele la position du vent par rapport au bateau) est de diviser le cercle en deux :


Du vent de face au travers: les allures de finesse, dans cette zone le bateau est très performant au point de vue vitesse, car ce qui le fait avancer est non pas une simple poussée du vent mais le flux de celui-ci sur l'arrondi de la voile provoque une dépression qui "suce" le bateau vers l'avant. C'est au travers et au près bon plein qu'un voilier atteint les plus grandes vitesses.

Entre le vent arrière et le largue se trouve "le portant" le bateau y subira principalement la poussée et sera donc moins efficace, mais par contre les vagues venant de l'arrière rendront la route plus aisée.

Le premier jour après notre départ de Gibraltar, nous nous dirigions vers madère au près bon plein. Le bateau marchait vite et bien, mais... était gité et prenait les vagues à 45° sur l'avant. A l'intérieur c'était un véritable shaker. Lydia n'aimait pas du tout. Vers midi, je constatais que cette situation allait probablement durer tout les 6 jours que devait prendre la traversée vers Madère et ... que depuis le point où nous étions à ce moment là la distance vers les Canaries était exactement la même que celle de Madère. Un avantage d'aller vers les Canaries est de faire un cap plus Sud et donc de se trouver au portant (Grand Largue), nous irions probablement moins vite, mais serons certainement moins secoués. Après avoir consulté mon équipage, je décidais de remettre la visite de Madère à un autre voyage et de piquer droit sur les Canaries. C'est aussi le rôle du skipper, d'éviter toute velléité de mutinerie et de soigner au bon confort de sa compagne, captive du bateau.


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