Serendip Sale

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lundi 25 juillet 2016

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Un an déjà

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Tout bien considéré celà doit faire à peu près une année que Serendip a quitté son amarrage de port Leucate, pour entreprendre un tour de l'Atlantique de plus de 6000 Miles Nautiques. Une année riche en événements, en déceptions mais aussi en joies, en rencontres en expériences qui l'ont rendue à la fois émouvante et inoubliable.

Je n'ai jamais été bon en « nostalgie » et probablement que j'oublierai un tas de choses en racontant cette année tellement particulière. On voulait que Serendip se consacre à la « découverte de l'inattendu », le moins qu'on puisse dire c'est qu'à ce point de vue le contrat fut largement rempli.

Nous voilà donc quittant de bon matin notre appontement de Leucate, et nous fûmes surpris et ravis de voir que nos amis du ponton s'étaient levés d'aussi bonne heure pour nous souhaiter « bon vents » . « Nous » c'étaient Lydia, Danielle, Ninon et moi.

A aucun moment je n'avait conscience de tout ce qui allait se passer, à ce moment là j' étais plutôt préoccupé de savoir si « j'avais tout prévu » dans ce chantier qui m'a pris plus d'une année. ... on arrive très bien ainsi à refouler ses angoisses sous des problèmes techniques. Et puis .... qui peut prétendre tout prévoir ? C'est peut-être cette « arrogance » face au destin qui me permit d'avoir confiance en moi. Gibraltar était loin encore et les îles Canaries plus basses encore sous l'horizon.

Les gens


Ce voyage fut fait de séparation et de rencontres. De séparation douloureuse car à aucun moment de notre périple méditerranéen, ni moi ni Lydia ne pensions qu'une entente, une complicité, une tendresse, un amour de près de 12 ans puisse s'arrêter aussi abruptement.

Mais aussi de rencontres qui me permirent de mieux connaître et apprécier Danielle et Ninon, puis Anthony, le jeune kiné qui fut notre équipier pour Gibraltar Canaries. De Clarisse et Pauline mes vaillantes équipières de la Transat, qui, malgré leur faible expérience se sont montrées tout à fait à la hauteur. Et puis ces gens « de passage », bateaux-stoppeurs des Canaries, parmi lesquels Plume et Alise, les deux musicienne qui sans le savoir, m'ont encouragé à continuer. « On trébuche, puis on se relève et on repart » (même si on s'est un peu ouvert les genoux). Enfin le Capitaine Corvette Paul, qui pour fêter son anniversaire accepta de reconduire Serendip vers les eaux Méditerranéennes.

Islands and Atlantic Odyssey


Et puis il y eu tous mes copains des Rallyes : Islands Odyssey puis Atlantic Odyssey II . Oh je sais, certains seront étonnés de voir qu'une traversée, qui serait une quète de liberté, de marginalité, d'individualisme, se fasse « en groupe », comme un voyage organisé. En réalité, ils se trompe sur deux points :
  • Une transat n'est pas nécessairement un acte solitaire, mais plutôt (à mes yeux du moins) une expérience humaine entre les divers équipiers qui « partagent le même bateau ». Plutôt qu'une introspection, il s'agit là d'un unique vécu de relations interpersonnelles.
  • Les rallyse de Cornell Sailing Events tiennentt très peu du « voyage organisé », Les organisateurs arrivent, avec beaucoup de savoir faire, à la fois à laisser toute liberté aux participants et à la fois à organiser des activités d'un grand intérêt : Conférences préparatoires à une traversé. Inspection et conseils en matière de sécurité, mais aussi soirées animées ou sociales que ce soit dans les Yacht Clubs, les petits restos ou apéritifs informels entre participants. L'accueil lors du lunch qui suivit notre arrivé à la Martinique, me mis les larmes aux yeux, tant l'émotion était fortes et tant je savait mes amis de odyssée étaient sincères dans leur joie de nous retrouver.
Car dès les premiers jours, tant les participants que les organisateurs nous furent devenus familiers. J'ai gardé de ces deux rallye de véritables amitiés et de vraies complicités. Il y avait dans le groupe une série de gens tout à fait intéressant tant du point de vue humain que du point de vue de ce qui les avait amené à tenter l'aventure ... peu d'entre eux fuyaient quelques choses. Tous en fait , cherchaient à passer « à une vitesse de vie supérieure », rien que cela suffirait à les rendre intéressants.

Je voudrait faire ici une mention toute particulière aux organisateurs de Cornell Sailing Events : Pascal et Pascale, qui, avec tact et discrétion m'ont soutenu à leur insu, dans ces moments difficiles que fut ma séparation d'avec Lydia. Et puis Jimmy Cornell, inénarrable navigateur qui est probablement l'homme au monde le plus au courant de la croisière océanique, encyclopédie vivante, mais plus que cela homme de communication, sachant expliquer et transmettre ses conceptions du voyage à la voile. Je tenterai de n'oublier aucune de ses remarques et recommandations, mais pour en choisir une, je me remémorerai sa réaction, lorsque nous sommes venu le voir, inquiet de ce que le départ de Gran Canaria, devait se faire un samedi où un fort coup de vent était prévu. Devrions-nous prendre le départ ? Sa réponse fut d'anthologie : « je me demande quels genre de gens vous êtes de vous soucier le mercredi du temps qu'il fera samedi  ... on verra. » Au moment où il prononça ses paroles, je fus surpris. A présent, ayant ajouté quelques miles d'Océan à mon sillage, je commence à les comprendre. Merci Jimmy pour cette belle leçon d'humilité et de positivité... tout n'est pas contrôlable ... et c'est heureux ainsi !

Les découvertes.


Tout comme les individus, les paysages nous ont soit déçus, soit enthousiasmés et certains même allant d'une déception première à un grand enthousiasme par la suite... il ne faut pas toujours se fier aux apparences premières.

Les Canaries


Arrivé à Lanzarote le paysage fait de cendres me fit penser au pays noir et aux terrils de Charleroi. « Affronter la mer pour trouver çà !» fut ma première réaction. Pourtant petit à petit je découvris que « çà » présentait des trésors cachés, une architecture inattendue, de l’authenticité et des habitants qui ont su mêler à la dureté de leurs conditions, une douceur de vivre inégalée. Cette douceur de vivre je l'ai moins ressentie à las Palmas de Gran Canaria, mais peut-être était ce parce que le port lui-même était moins accueillant. Ténériffe fut aussi pour moi une révélation, c'est un lieu où je me verrai bien vivre : douceur du climat, modéré toute l'année. Activités culturelles. Belles plages, Dimensions de l'île intéressante. Mais d'autres endroits furent aussi étonnants : La Palma avec ses maisons datant de Christophe Colomb. La Gomera, avec ses vallées à pic et son langage sifflé unique au monde (ou presque) . Les Canaries m'ont séduites au point que je ne puis m'empècher de vouloir y retourner avec mon bateau.

Ce fut aussi l'escale de mon départ pour l'Atlantic Odyssey II, j'ai pu y trouver fruits légumes et tout l'approvisionnement ainsi que la technique nécessaire à ce que Serendip puisse être prêt pour le grand saut. A ce propos, avec le recul, on en a même peut-être trop fait ; mais en fait-on jamais trop ? A l'arrivée il nous restait, des vivres, de l'eau et du diesel n'est-ce as ainsi que ce doit être.

Culinairement, les Canaries ne manquent pas non plus d'intérêt. Nous y avons découvert, les papas arrugatas, pomme de terres cuites à l'eau de mer, le Gofio farine de blé grillée et tant d'autres choses dont nous avons retenu le goût plutôt que les noms. Et puis les fruits : ananas, bananes, mangues délicieuses.

Assurément les Canaries tinrent leurs promesses.


La Martinique


Je n'oserais pas en dire autant de la Martinique, sorte de petite France sous les tropiques mais ayant des manquements graves. Difficultés de déplacement en transports publics (pas d'autobus, par exemple) orienté tourisme de groupe avec très peu de possibilités organisées pour le touriste individuel. Ni le climat, ni la nonchalance m'ont permis de me « réconcilier » avec ce pays où pas grand chose ne fonctionne comme il devrait.


Grenadines


Finalement c'est au cours de notre petite croisière vers les grenadines que j'ai pu apprécier les Caraibes à leur juste valeur et la douceur de St Vincent avec son mouillage de Marigot Bay ou encore Union et Bequia. Autant de destinations tout à fait charmante. On se rappelera des langoustes grillées dégustées sur la plage dans les Tobago Cays, de la musique des steel bands à Deux Pitons, tant de choses qui font le dépaysement et le charme des Antilles. C'était la deuxième fois que je visitais les Grenadines et j'y retournerai encore avec plaisir..

Voila dans une coquille de noix les choses que j'ai voulu mettre en avant sur cette année écoulée... elle demande à « encore » et je fais tout pour celà. Reste à trouver mes nouveaux compagnons de route... ce qui prendra un peu de temps.


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